Articles de presse

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Revue Belvédère n°52 d' Adrea Genovese

Recension sur Les pas du Prophète de Lucian Blaga

 

Et puis, préservons un peu d'espace et de temps pour la poésie.
Ci-dessous, un article sympathique d'Andrea Genovese, dans le dernier numéro de sa revue "Belvedere", sur l'aventure de la traduction/publication de l'oeuvre poétique complète de Lucian Blaga.

LUCIAN BLAGA : MYSTÈRE ET LUMIÈRE

Horia Bădescu (coordonnateur du projet), Jean Poncet (traducteur), Jacques André (éditeur)
Trois passionnés au service d’un grand poète roumain

ÈVE

Quand le serpent tendit à Eve la pomme, sa voix
tintait
dans le feuillage comme grelot d’argent.
Mais il lui chuchota aussi
quelque chose à l’oreille
doucement, tout doucement,
quelque chose dont les écritures ne parlent pas.

Dieu lui-même n’a pas entendu ce qu’il a chuchoté,
ce n’est pas faute pourtant d’avoir essayé.
Et Ève a refusé d’en parler même à
Adam.

Depuis lors la femme sous ses paupières cache un secret
et chaque battement de ses cils est comme pour dire
qu’elle sait quelque chose
que nous ne savons pas,
que nul ne sait,
pas même Dieu.

On traduit aujourd’hui en France pas mal d’écrivains roumains, des romanciers surtout. Cela n’était pas le cas il y encore quelques décennies. C’est pourquoi un certain nombre d’entre eux, s’il leur était possible, venaient rejoindre la vivace communauté roumaine en exil. Mais si on compte par dizaines les écrivains roumains qui ont trouvé un terrain fertile à leur créativité et sont devenus célèbres en s’expatriant à Paris, avant pendant et après la période communiste (Ionesco, Cioran, Eliade et pourquoi pas Virgil Tănase ou le regretté Georges Astalos, pour citer des amis, et tant d’autres plus ou moins médiatisés), la richesse de la littérature roumaine a été longtemps ignorée à cause d’une présumée marginalité. Un paradoxe, car le roumain est la seule langue néo-latine de l’Europe de l’Est, et elle doit beaucoup au lexique italien et français. Qui en a le plus souffert, ce sont surtout les poètes. Longtemps, on a remédié en publiant en Roumanie même des traductions dans les deux langues les plus proches, dans l’espoir de les faire connaître à l’étranger. Surtout en Italie, attentive à la culture roumaine tandis que celle-ci se trouvait fortement attirée par la péninsule. Je peux en témoigner personnellement car mes premières fréquentations remontent à 1968, suite à la publication d’une histoire de la littérature roumaine très documentée de Gino Lupi, un universitaire également auteur d’une grammaire roumaine. Et ce que j’affirme est confirmé aussi par une anthologie bilingue de Lucian Blaga ("Novanta liriche", Editura Minerva, București, 1971) où Mariano Baffi, le traducteur italien, emporté par sa lecture amoureuse, définissait le poète « un traducteur du langage du cœur, comme pour nous nos "stilnovisti" », intuition pas si pérégrine puisque, dans la préface, Edgar Papu soulignait que Blaga « met en exergue la même dialectique entre nature et culture qu’on trouve aussi dans des poètes italiens modernes, depuis Carducci jusqu’à Quasimodo ». Lupi ci-dessus cité remarquait en Blaga « les bases d’une esthétique métaphysique et une interprétation de la genèse du monde, l’œuvre poétique étant lié à la réflexion philosophique, qui est elle aussi essentiellement lyrique ». En réalité Blaga entretient un rapport étroit avec la nature, comme chez Leopardi, poète philosophe s’il en est et lyrique pur, par un lien cosmique au terroir plus complexe que dans d’autres poètes roumains, ses contemporains, Tudor Arghezi par exemple ou Marin Sorescu, traduit en français, ce dernier, par Jean-Louis Courriol.

Pour ce qui me concerne, je suis redevable à Horia Bădescu, ce poète fraternel bien connu dans les milieux littéraires français (il a été l’un des premiers directeurs de l’Institut Culturel Roumain de Paris), de la redécouverte de Blaga pour m’avoir invité en 1991 à Cluj au premier Festival Blaga, dans l’effervescence de l’utopie révolutionnaire post-Ceaușescu. Peu de temps après notre séjour, Dominique Daguet avait publié la traduction de "Manole, Maître Bâtisseur", nous révélant le Blaga dramaturge et précédant d’un an le travail de Jean Poncet qui, en 1996, publiait dans la revue Sud une remarquable anthologie poétique bilingue qui nous dévoilait, pour le dire avec Georges Astalos, "l’empreinte matricielle" du poète roumain. Ces mêmes traductions de Poncet seront publiées l’année suivante en recueil à București par Editura Libra. À l’exception d’un petit recueil publié à La Différence par Sanda Stolojan et des textes dispersés en anthologies quasi intimistes, il nous manquait une édition française intégrale et raisonnée de l’œuvre poétique de Blaga. Voilà qu’aujourd’hui le projet, mais peut-être faut-il dire le rêve, qui animait depuis des années les deux inconditionnels dans la fidélité à Blaga, c’est-à-dire Bădescu et Poncet, semble se réaliser du fait que leur route a croisé celle d’un éditeur fou de poésie, le Lyonnais Jacques André. J’ignore où ils peuvent avoir peaufiné leur coup d’état poétique avec Vasile George Dâncu, responsable d’Editura Şcoala Ardeleană de Cluj, pour mettre en chantier la publication bilingue de l’œuvre poétique intégrale de Blaga dans la traduction de Poncet. Deux volumes ont déjà paru. Le premier recueil de Blaga "Poemele luminii (Les Poèmes de la lumière)" de 1919, fut salué unanimement pour sa maturité expressive et son évocation idyllique du mystère et de la lumière qui sont « la clé de voûte d’un univers poétique tout entier », comme écrit Bădescu dans la postface. Il possède déjà "l’étincelle divine", comme le rappelle Jean Poncet en citant dans le deuxième volume le linguiste Sextil Puşcariu, qui allait jusqu’à lui trouver la beauté de certains poèmes de Goethe. Quoi d’étonnant, si on pense que la pensée philosophique de Blaga plonge ses racines dans celle allemande. Ce qui justifie d’ailleurs une sorte d’expressionnisme dans le deuxième recueil "Paşii profetului (Les Pas du prophète)", où l’on perçoit peut-être quelques réminiscences de Mallarmé et Valéry. Mais je préfère m’en remettre à la lecture qu’en donne le traducteur lui-même pour découvrir un poète qui a souffert aussi de la mise à l’écart pendant le régime communiste. En tout cas, ces deux livres sont deux petits joyaux. Et il faut remercier les deux éditeurs, le français et le roumain, pour cette coédition magique et lumineuse.

Lucian Blaga, "Les Poèmes de la lumière" et "Les Pas du prophète", deux volumes chez Jacques André Éditeur (en coédition avec Editura Şcoala Ardeleană de Cluj).

Andrea GENOVESE
Belvedere, n° 52, mars-avril 2018

Les deux livres sont, bien entendu, en vente dans toutes les bonnes librairies ou en les commandant directement chez l'éditeur :

 


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le numéro 27 de la revue Paysages écrits est en ligne. Une note de lecture a été consacrée au livre de Georges Chich, Jours et Ajours.

https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/archives/numero-27/pe27---sd-sur-chich

A la recherche du jour perdu

 À travers des poèmes qui se présentent presque tous sous forme de petites proses (presque tous car ceux de la fin du volume, regroupés sous le titre autres poèmes, sont en vers ; mais la question de savoir si l’auteur écrit des poèmes en prose ou en vers est de toute façon une question sans intérêt), Georges Chich tente d’écrire au plus près, de décrire ou même de donner à sentir ce qui fait qu’un jour (n'importe quel jour, un jour parmi d'autres et que rien ne distingue) est toujours une frontière avec l’ouvert.

Cette frontière est cependant muette. Elle est elle-même ouverte mais n’ouvre sur rien. La parole, ici, serait donc une fermeture (« une parole serait une défaite, l'annonce d'une faillite, presqu’un mécompte » écrit-il, p. 9). Et pourtant c’est avec cette visée qu’il écrit.

Qu’est-ce qu’un jour ? Impossible à dire. L’équivalent de la lumière ou de la parole (« Jour, le mot a été dit semblable à lumière ou parole », p. 14) ? Oui, sans doute, et pourtant ce n’est pas encore ou ce ne sera jamais seulement ça. « Le vent a soufflé infiniment » écrit-il aussi et « des décombres est issue l’unique vie » (p. 14). Le jour, qui serait lumière ou parole, sans n’être rien est absent, comme tous les autres (« Un jour absent comme presque tous les jours », p. 15) et l’écriture suit un fil qui tient à rien. La perdre ne demande aucun effort, la retrouver ne peut se faire au prix d’aucun effort. Le jour se donne ou il ne se donne pas et il faut une écriture subtile, fine, comme l’est celle de Georges Chich, pour faire passer en quelques mots de grandes quantités de sensations parfaitement distinctes et en tirer des images dont la force est indéniable. Ainsi, ces moments écrasés de soleil, où « le jour est intolérable, massif et vide. Voilà placé devant soi, en plein midi, une pièce d'éternité infernale, une plaine rigide comme un miroir où seul le ciel se reconnaît » (p.16).

Si le poète est à la merci des caprices de ce dieu étrange qu’est le jour, sa recherche reste cependant comme tirée par une attente folle : faire du jour une issue, la devenir (« Un jour, comme un autre, est une porte miraculée (il a fallu longtemps attendre le miracle). / Un jour peut s’ouvrir. Il est comme la fente invisible par où s’escamotent objets et âmes, un trou noir. / J’irai de porte en porte, confiant au hasard mes yeux, jusqu’à devenir moi-même un jour, issue éphémère, un seul jour du monde », p.19). Ce qui n’arrive pas tous les jours ! En attendant qu’en son entier il soit l’issue, le jour touche par des détails, des instants improbables (c'est sa « frange inattendue », p.20), fait surgir ces détails comme des apparitions et rend le poète à une présence qui le surprend lui-même, le transforme en « proie sans prédateur » (p. 28). Le jour le fait entrer, même par bribes, même par instants vite disparus, dans une sorte de souveraineté pauvre, une sorte de royauté du dénuement où « tel qu’il est le fige le vouloir, / où ne faut ni l’or ni le silence ni l’amour / comme un recouvrement de lait et de lumière, / où le geste frêle est un diadème » (p. 30).

Cherchés ainsi, comme en rêve, les jours apparaissent dans leur étrangeté d’être des portes vers une sortie sans nom et sans définition. Cherchés ainsi, ils deviennent aussi comme les cartes d’un jeu dont le poète se met à imaginer qu’on pourrait en jouer : « Si comme un délice-vertige, quelqu’un brouillait la pile de mes jours, que mon âge fût suivi d’enfance ou de plus tard, je serais comme en rêve jouet, passant d’espoir à terreur, ivre d’attendre le sort, la bille, la carte, ce soleil qui pointe inattendu avec l’osier de la lumière et sûrement l’ultime, le craignant et l’appelant. / Je serais comme sont les hommes avec l’ordre de leurs jours, curieux d’en finir, n’en pas finir » (p. 38).

Georges Chich est une sorte de passant contemplatif pour lequel n’existe apparemment que le perpétuel souci de redécouvrir sa présence physique à l’intérieur de ce jour devenu monde. Les autres ne sont pas absents du paysage mais ils ne prennent pas plus de place que la lumière sur l’asphalte, les couleurs du ciel ou les gouttes de la pluie. Il en prend bizarrement un peu, par contagion, dans l’imagination du lecteur, la consistance : à quoi peut bien ressembler l’homme Georges Chich sinon à un passant invisible fait de tous ces instants que personne, sauf lui, ne peut voir. Et est-il vraiment un passant ou juste la rétine et la peau du dehors qui nous enverraient quelques mots ? On finit par le croire. Pourtant, si l’immobilité est une des conséquences de cet état ou de cette attente, ce n’est pas sans conflit interne. Mais la lutte est inégale : celui qui écrit, en Georges Chich, n’a laissé aucune chance à celui qui voulait vivre d’une vie commune. Une sorte de soi absolu écrit ce livre que nous tenons dans les mains : « Il y a un moi en moi, un petit assassin, un briseur de beauté qui s’agite. Une petite flamme insidieuse, un feu follet, qui s’empare d’un marteau pour casser la matière pétrifiante dont je suis fait. C’est un moi impuissant, petit rebelle inconsistant qui s’endort peu à peu et étouffe, comme la dernière flamme d’un feu de veillée exténué. / Demain n’a pas de sens et le passé non plus. La statue entre dans l’éternité. Elle n’a même pas de mort à attendre. Là je suis, là je reste, mes doigts figés dans le dernier mot à écrire, qui ne veut toujours rien dire. » (p. 52). Le jour, au bout de l’attente, ne délivre aucun sens, et le poète ne peut s’y fondre et s’y reconnaître qu’à s’y perdre ou s’y figer, tel qu’en lui-même enfin le jour le change, aurait dit Mallarmé en rigolant.


Recension de Michel Baglin des Poèmes de la lumière de Lucian Blaga

http://revue-texture.fr/mes-lectures-de-2016.html

Lucian Blaga : « Les poèmes de la lumière »

16 Juin 2016

 
Des écrivains roumains, les Français connaissent Ionesco, Istrati, Tzara, Voronca peut-être, mais bien peu Lucian Blaga. Philosophe et poète (1895-1961), il est pourtant considéré comme un des auteurs majeurs de la Roumanie, un temps promis au Nobel s’il n’avait dû affronter l’opposition d’un régime communiste qui le réduisit à l’isolement et au silence… Mais lui qui fut diplomatique, successivement en poste à Varsovie, Prague, Vienne, Berne et Lisbonne – et élu à l’Académie roumaine en 1937 - écrivait dans sa langue natale, ce qui explique son peu de rayonnement… L’Unesco a donné son label à l’intégrale de ses œuvres… publiée en anglais. En français, cette relative méconnaissance pourrait bientôt être corrigée grâce au poète Jean Poncet, qui a établi et présenté l’édition bilingue roumano-française intégrale de l’œuvre, dont il assure aussi la traduction. Le premier tome vient de paraître (co-édition Jacques André - éd. Şcoala Ardeleană) avec une postface de Horia Badescu, sous le titre « Les poèmes de la lumière » (titre du premier recueil de Blaga) ; douze autres sont à venir.
« Je ne piétine pas la corolle de merveilles du monde et je n’assassine point / de mes raisonnements les mystères que je croise sur ma route », affirme d’emblée l’auteur dans le premier poème, quasi programmatique. Il marque ainsi moins un désir de cloisonner les approches qu’une volonté de résister farouchement à toute réduction – du « mystère », du sens, de l’être. Ses poèmes se mesureront dès lors souvent au voile qui nous rend « aveugles au réel »
Les chemins de la sensualité comme ceux du cœur et de l’esprit sont des voies d’accès à l’univers, comme le corps de l’aimée est une voie d’accès au mystère, à dieu peut-être. « Je m’enivre de cosmos comme un païen ! » s’exclame le poète volontiers mystique, à l’aube de sa vie et de son œuvre, déjà en quête d’un ciel et surtout de cette lumière qu’il oppose à la mort et qui appelle son lyrisme pour célébrer « l’ardeur du jour ».

 

(148 pages. 14 euros. ISBN : 978-2-7570-0345-9 )

 

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Le Temps, la Mort, le Moi et la Littérature - Une recension établie par Marta BARAVALLE dans la revue italienne spécialisée

Marta Baravalle, « Edgard Pich, Le temps, la mort, le moi et la littérature », Studi Francesi, 178 (LX | I) | 2016, 171.

http://studifrancesi.revues.org/2616

20 juin 2016.

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Pascal Obispo chante Marceline Desbordes-Valmore

"Son nouvel album s'appelle "Billet de femme", et c'est donc à une femme que Pascal Obisbo a dédié les paroles de ses chansons. Le chanteur a mis en musique à l’aide d’un orchestre symphonique les mots de la poétesse Marceline Desbordes Vallmore, née au XIXe siècle. « Il y a eu tout de suite eu une correspondance entre ses écrits et ma propre vie », explique-t-il. " (TF1 du 7/02/2016)

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Article d'Anna Musso - Journal l'Humanité du 26 janvier 2016

Anna Musso

Jeudi, 21 Janvier, 2016

L'Humanité

Paul Éluard, d’Odile Nguyen-Schœndorff, préface de Jack Ralite. Collection « Je suis… ». Jacques André Éditeur, 106 pages, 10 euros. Dans un ouvrage singulier, Odile Nguyen-Schœndorff vient corriger le « risque d’oubli ».

Le 22 novembre 1952. Au cimetière du Père-Lachaise, le gouvernement n’accordera pas d’obsèques nationales au poète communiste, figure du surréalisme et de la Résistance littéraire, Paul Éluard. Aragon eut ces mots: « Nous ne faisons que commencer à comprendre ce qui nous est enlevé. » Avec cette biographie, rédigée à la première personne comme l’exige la collection de l’éditeur lyonnais Jacques André, la philosophe Odile Nguyen-Schœndorff s’est glissée avec délicatesse dans la peau d’Éluard pour corriger « ce risque d’oubli », selon la belle formule de l’ancien ministre Jack Ralite, qui signe la préface. Une forme d’écriture originale qui a le mérite d’offrir un récit vivant, intime et accessible. Documentée et nourrie d’échanges avec la fille du poète, Cécile, et l’Association des amis de Paul Éluard, l’auteure met en scène, sans la trahir, la vie privée, publique, artistique et politique du poète. L’essentiel de l’existence et de l’œuvre de l’auteur de Capitale de la douleur ou des Poèmes pour la paix, Liberté, pour ne citer qu’eux, y est ainsi raconté avec beaucoup d’affection par la philosophe elle-même engagée et auteure de poèmes. Ponctué de citations et illustré de photos, l’ouvrage permet d’assister à l’éclosion littéraire et de suivre le cheminement politique, inextricablement liés, du petit Eugène Émile Paul Grindel, qui adoptera le pseudonyme Éluard, du nom de sa grand-mère maternelle: « Je garderai ainsi la sonorité “el”, ou “aile”, que j’aime bien », développe Paul sous la plume d’Odile… Ainsi de sa naissance, le 14 décembre 1895 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à sa mort, à 57 ans, le lecteur, précipité dans la peau de celui dont « la poésie est l’étoffe de sa vie », traverse son enfance heureuse et son adolescence maladive, goûte à son coup de foudre avec Gala, en 1913, sa muse initiatrice, éprouve ses chagrins amoureux, (re)découvre ses premiers poèmes, expérimente sa mobilisation durant les deux guerres… Bouleversé, gazé, Éluard témoignera de l’horreur de la guerre dans plusieurs recueils, dont le Devoir et l’Inquiétude. Chacun(e) revit son combat contre le nazisme, le fascisme et le colonialisme, son engagement au Parti communiste en 1927, l’aventure surréaliste aux côtés de Breton, Soupault, Aragon, ses amitiés fécondes et complexes avec Ernst, Picasso, Desnos… Un récit haletant, empli d’amour et d’engagements, qui se lit d’un souffle.

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La Vierge Marie dans la littérature française. Entre foi et littérature

recensé dans la

Revue des Sciences philosophiques et théologiques

 

Rev. Sc. ph. th. 99 (2015) 339-371

BULLETIN DE THÉOLOGIE LITTÉRAIRE 345

 par Jean-Pierre JOSSUA

 

Un colloque de 2013 de l’université de Bretagne sud, à Lorient, sous l’impulsion de Jean-Louis BENOIT , a abouti à un beau et gros volume : La Vierge Marie dans la littérature française. Entre foi et littérature (12) . L’introduction nous précise que, dans la liberté des points de vue, l’on y aborde les représentations que les écrivains nous ont données de Marie, comme on l’a fait surtout pour les peintres, et cela selon un plan historique, mais non sans regroupements génériques. Sujet de prières, qui sont déjà souvent des poèmes, Marie devient un personnage sacré sans être changée en déesse. Puis l’A. parcourt les siècles en relevant pour chaque époque les caractéristiques de l’approche, ce qui est nécessaire pour les lecteurs ne connaissant pas cette longue histoire. Le volume est divisé en cinq parties.

I. La Vierge dans la littérature médiévale, partie ouverte par une étude assurant le passage entre les textes patristiques et le Moyen Âge
(Paul MATTEI).

II. La Vierge mise en scène : mystères et passions du Moyen Âge, mais aussi trois mystères romantiques : Quinet, Dumas et Gautier

(étude très bienvenue d’Esther PINON ) et le théâtre de Claudel (Thierry GLON).

III. La Vierge Marie entre le Moyen Âge et l’époque moderne,  XVI e - XVII e siècles, notamment Bérulle et Olier (Mariel MAZOCCO ).

IV. La renaissance mariale du  XIX e siècle : le roman (bonne analyse d’Yves ANCEL ), Chateaubriand, Hugo, Péladon, Huysmans 14 , Bloy et Faber, les apparitions. V. La Vierge Marie aux XX e et  XXI e  siècles, notamment Daniel Gillès (intéressante étude de Pierre HALEN ), la Salette dans la théologie politique française (un spécialiste bien connu : Jacques MARX ), Claudel encore, mais dans sa prose poétique (Dominique MILLET-GÉRARD), Péguy (excellent apport de Jean-Louis BENOIT ), Guez Ricord (autre apport précieux d’Ana-Maria GÎRLEANU-GUICHARD ), Henri Ghéon, Marie Noël et, last but not least, Jean-Pierre LEMAIRE : « Comment j’ai essayé de donner à voir et à entendre Marie par la poésie. » Un utile résumé des articles clôt le volume.

(12) Jean-Louis BENOIT , La Vierge Marie dans la littérature française. Entre foi et littérature, Lyon, Jacques André éd., 2014 ; 27 × 20, 398 p., 48 €.

ISBN : 978-2757-002827.

 

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